Médecine hyperbare Embolie gazeuse artérielle (EGA)
L’accident de décompression (AD) Accident de décompression (type I)
Accident de décompression (type II) Pneumothorax

Médecine hyperbare
Lorsque la décompression d’un plongeur est inadéquate ou que le plongeur souffre d’embolie gazeuse, la première étape du traitement consiste à retourner le plongeur dans un environnement sous pression où les gaz seront comprimés à nouveau et retournés en solution. Cette mesure permet de diminuer les douleurs causées par les bulles de gaz, de rétablir la circulation sanguine et, dans bien des cas, de faire disparaître l’ensemble des symptômes du patient.

L’administration de 100% d’oxygène au patient est indispensable afin de permettre la dissolution des gaz inertes. Des recherches poussées ainsi que l’expérience sur le terrain ont prouvé la valeur thérapeutique de l’administration d’oxygène lors d’un traitement de recompression. Une fois le traitement de recompression en cours, des traitements additionnels peuvent être administrés.

Les plongeurs qui doivent subir un traitement de recompression en chambre hyperbare n’ont pas nécessairement besoin d’un traitement médical d’urgence.

Il existe trois catégories d’urgences médicales pour lesquelles un traitement de recompression est nécessaire :

a. embolie gazeuse artérielle
b. accident de décompression
c. décompression omise

L’embolie gazeuse artérielle (EGA) est le phénomène le plus dangereux et le traitement doit être administré d’extrême urgence. L’EGA peut survenir lors d’une plongée de courte durée en eau peu profonde, voire au cours d’une plongée dans une piscine avec un appareil respiratoire. Elle survient rapidement et doit être traitée immédiatement.

L’accident de décompression (AD) peut être tout aussi grave, mais il se présente de façon moins immédiate, parfois jusqu’à 24 heures après une plongée où tout semblait s’être bien déroulé. Les statistiques indiquent cependant que la plupart des AD surviennent moins de six heures après avoir refait surface.

La décompression omise est le résultat d’une dérogation au profil de décompression approprié, pour une raison ou une autre. Dans certains cas, il est possible de prévenir l’AD en utilisant l’une des tables de décompression de surface, sinon il faut se conformer à une table de traitement thérapeutique. La décompression omise peut aller d’un déficit de décompression mineur à un déficit majeur. Dans les deux cas, les symptômes peuvent aller d’un simple picotement à la perte de conscience. S’il y a un doute sur votre condition où celle de votre compagnon, contactez le Centre de médecine de plongée du Québec.

La surpression pulmonaire est un terme général décrivant la condition causée par l’augmentation du volume des gaz présents dans les poumons d’un plongeur lorsque la pression diminue, généralement au cours de la remontée. Ces gaz peuvent avoir été retenus dans les poumons volontairement (en retenant la respiration) ou accidentellement (voies respiratoires obstruées). Le plongeur en difficulté qui panique peut, sans s’en rendre compte, retenir sa respiration. Il s’agit d’une réaction involontaire. Les gaz peuvent également être retenus dans une partie du poumon en raison d’un dommage antérieur causé par une maladie ou un accident, une infection (pneumonie, bronchite) ou l’asthme.

Lorsqu’il y a surpression pulmonaire et que les alvéoles pulmonaires se rompent, les gaz peuvent se répandre de quatre façons :

a. Par embolie gazeuse artérielle (EGA) - les gaz pénètrent les capillaires entourant les alvéoles pulmonaires, sont amenés au cœur par les veines pulmonaires, puis véhiculés par les artères, se répandant un peu partout dans le corps.

b. En formant un pneumothorax - les gaz se répandent dans la cavité pleurale, entre le poumon et la cage thoracique, et provoquent l’affaissement du poumon. C’est un phénomène rare chez les personnes en bonne santé, car l’enveloppe du poumon (la plèvre) est très résistante et se rompt rarement.

c. En créant de l’emphysème médiastinal - les gaz sont véhiculés du site de rupture près du poumon par les veines, les artères et les bronchioles pour se répandre autour du cœur, des gros vaisseaux et des bronches souches au centre du thorax (le médiastin).

d. En créant de l’emphysème sous-cutané - les gaz fusent à partir du médiastin et s’emprisonnent sous la peau dans la partie située au-dessus des clavicules, à la base du cou.

Dans le cas d’EGA, les bulles de gaz en circulation dans le sang peuvent se loger dans les artères de la moelle épinière ou du cerveau et obstruer la circulation sanguine, entraînant ainsi la paralysie, la perte de conscience ou la mort. Si le cerveau est touché, on parle alors d’embolie gazeuse cérébrale.

Le pneumothorax, l’emphysème médiastinal et l’emphysème sous-cutané ne constituent habituellement pas un danger pour la vie aussi grave que l’embolie gazeuse artérielle, mais il faut néanmoins les traiter rapidement. Le traitement de recompression n’est pas indiqué dans le cas de pneumothorax, d’emphysème médiastinal et d’emphysème sous-cutanée. À ce sujet, contactez au besoin le Centre de médecine de plongée du Québec pour consulter nos médecins hyperbares.

Embolie gazeuse artérielle (EGA)

L’embolie gazeuse artérielle doit être diagnostiquée rapidement et correctement. L’approvisionnement en sang et en oxygène du cerveau est presque toujours compromis et, à défaut d’un traitement (de recompression) rapide et adéquat, l’embolie gazeuse est susceptible de causer des lésions permanentes ou la mort. La circulation du sang du cœur vers le cerveau ne prenant que quelque secondes, les symptômes neurologiques comme la perte de conscience ne surviennent habituellement que quelques minutes après

avoir refait surface. Tout symptôme touchant le système nerveux central (SNC) qui survient plus de dix minutes après avoir refait surface est rarement attribuable à l’embolie gazeuse. Tout plongeur qui, en profondeur, a été approvisionné en air d’une quelconque façon et qui perd conscience ou présente des signes neurologiques dans les dix minutes suivant sa remontée en surface doit être considéré comme victime d’embolie gazeuse artérielle. Le traitement de recompression doit être administré immédiatement.

L’accident de décompression (AD) :


L’accident de décompression est causé par une mauvaise décompression. Il arrive parfois qu’un AD survienne même si les procédures habituelles de décompression ont été respectées. Certains facteurs augmentent les risques d’AD, même en se conformant aux procédures recommandées. Il faut en tenir compte en augmentant la durée de décompression lorsque nécessaire ou en évitant le facteur favorisant l’AD. Les risques d’AD sont plus grands en présence d’un ou de plusieurs des facteurs suivants :

a.
blessure;
b obésité;
c suite à un excès de consommation d’alcool;
d âge;
e exercice physique vigoureux (avant, pendant et après);
f déshydratation;
g mauvaise forme physique;
h froid ;
i stress psychologique (inexpérience en plongée, anxiété);
j fatigue;
k infection.

En autant que possible, le compte rendu complet de la plongée et la présence de facteurs favorisants doivent être considérés pour diagnostiquer un AD.

Les symptômes d’AD se manifestent habituellement peu de temps après une plongée ou une exposition à la pression. Si la décompression requise a été écourtée ou omise, le plongeur peut souffrir d’un AD avant d’atteindre la surface. En général, les délais d’apparition du premier symptôme à compter du moment où le plongeur fait surface sont les suivants :

70% surviennent en moins d’une heure;
90% surviennent en moins de six heures;
99% surviennent en moins de 24 heures.

Lorsque le premier symptôme se manifeste plus de 24 heures après la plongée, il faut présumer qu’il s’agit d’une autre cause avant de conclure à un AD, en tenant compte que les plongeurs puissent présenter un symptôme mais ne pas le signaler immédiatement.

Les autres facteurs à considérer lors de l’évaluation des symptômes incluent la profondeur et la durée de la plongée, la table de décompression utilisée, le degré de stress découlant de la plongée (eau froide, travail difficile) et la probabilité de la présence d’autres problèmes comme l’embolie gazeuse. Le Centre de médecine de plongée devrait être contacté s’il y un doute sur l’origine de la condition d’un plongeur.

Une grande variété de symptômes peuvent annoncer l’AD. Certains sont si évidents que le diagnostic ne fera aucun doute, alors que d’autres symptômes, sont plus discrets et peuvent ne pas être décelés sans que le patient ne subisse un examen complet.

Il a été déterminé que les symptômes d’AD chez les plongeurs professionnels se manifestent à la fréquence suivante :

a.
douleur seulement : 80%
b symptôme neurologique 15%
c symptôme vestibulaire (étourdissement) moins de 1%
d pulmonaire (étouffement) moins de 1%
e autres 3-5%
f la fatigue est commune à tous les cas d’AD

Quelque 80% des plongeurs sportifs souffrant d’AD qui sont traités dans un caisson hyperbare présentent des symptômes neurologiques. La raison pour laquelle la douleur est un symptôme moins souvent signalé chez les plongeurs sportifs tient sans doute au fait que nombre de ces plongeurs n’ont pas facilement accès à un traitement en caisson hyperbare et qu’ils ont tendance à ne pas signaler leur état. S’il y a un doute sur la condition d’un plongeur, contactez le Centre de médecine de plongée du Québec.

Accident de décompression (type I)

Chez les plongeurs professionnels, le symptôme le plus fréquent d’AD est la douleur. Habituellement, le plongeur ressent d’abord une douleur légère, mais celle-ci devient de plus en plus forte, jusqu’à ce qu’elle soit carrément insupportable. Cette douleur semble provenir du centre des os et elle se concentre souvent près d’une articulation. Il est facile de confondre ce type de douleur et de l’attribuer à une entorse ou une contusion. Il faut éviter de donner de médicaments au patient pour atténuer la douleur, car celle-ci constitue souvent le seul facteur permettant d’évaluer l’efficacité du traitement.

Une douleur abdominale peut signifier que la moelle épinière est touchée et doit par conséquent être considérée comme un symptôme potentiellement grave. Il faut examiner le plongeur avec une grande attention afin de déceler d’autres signes ou symptômes d’AD, puis le traiter en conséquence. Un plongeur souffrant d’une douleur abdominale après une plongée doit être surveillé attentivement pendant plusieurs heures après avoir refait surface afin de déceler l’apparition d’autres symptômes plus sérieux d’un AD.

Les tatillonnements ou les douleurs brèves peuvent être des signes d’un stress de décompression, mais, en cas de doute quant à l’origine de la douleur, il faut supposer que le plongeur souffre d’un AD et contacter le Centre de médecine de plongée du Québec.

Un AD lymphatique survient quand des bulles de gaz obstruent les vaisseaux lymphatiques. L’accumulation subséquente de liquide dans les tissus provoque une enflure ou un œdème localisés. Le traitement de recompression doit être administré. L’AD de la peau survient lorsque des bulles de gaz obstruent la circulation sanguine cutanée. On le remarque par de l’enflure, une rougeur ou une coloration marbrée d’une zone douloureuse de la peau. À ce sujet, contactez le Centre de médecine de plongée du Québec pour consultation avec un médecin hyperbare.

Parmi les autres symptômes cutanés qui se manifestent fréquemment après une plongée, notons l’éruption cutanée sans douleur, les démangeaisons et les picotements. Ces symptômes sont généralement attribuables à la dissolution de gaz dans la peau et se manifestent par conséquent après la plongée au cours de laquelle la peau a été exposée à des gaz (par exemple dans un dry suit), mais pas après des plongées où les plongeurs portent une combinaison isothermique. Il s’agit d’un AD mineur et le traitement en chambre hyperbare n’est pas nécessaire.

Les symptômes localisés de douleur, œdème et /ou enflure de la peau, qui devient rouge ou marbrée, sont propres à l’AD léger de type I. Il faut les traiter en utilisant la table de traitement à l’oxygène appropriée, dans le doute contactez le Centre de médecine de plongée du Québec

Accident de décompression (type II)

Lorsque le système nerveux central et/ou la moelle épinière sont touchés, il s’agit d’une situation grave exigeant un traitement immédiat. Dans les cas extrêmement graves (remontée non contrôlé, plongeur inconscient ou symptôme constituant un danger pour la vie), il est crucial de procéder immédiatement à un traitement de recompression. Un court délai est toléré afin de permettre au personnel médical de procéder à un examen de surface, de préférence effectué par un médecin de plongée de niveau II.

L’examen peut être fait dans le caisson à la pression de traitement ; cependant cela sera difficile en raison du bruit, de la chaleur et de la narcose.

Étant donné que le traitement des accidents de décompression graves de type II est conçu pour traiter les « cas les plus graves », tout symptôme moins sévère se trouve ainsi traité de façon approprié.

Les symptômes d’AD grave, par ordre de fréquence, sont les suivants :

a.
engourdissement
b étourdissement ou vertige
c nausées ou vomissement
d troubles de la vision;
e paralysie
f céphalée (maux de tête grave)
g perte de conscience
h troubles urinaires
i dyspnée (essoufflement)
j changement de personnalité
k iagitation ou impatience
l fatigue (très grande)
m secousses musculaires
n confusion
o manque de coordination
p troubles d’équilibre

La victime peut facilement négliger nombre de ces symptômes, ou les considérer sans importance. Pour cette raison, il faut chercher à les déceler lors des activités immédiatement après la plongée ; le plongeur peut parfois simplement croire qu’il a trop travaillé. Les symptômes ci-dessus sont classés comme propres à l’AD grave de type II.

S’il y a un doute sur la condition du plongeur contactez le Centre de médecine de plongée du Québec.

Pneumothorax

Le pneumothorax s’accompagne souvent de douleur à la poitrine et d’une toux ou d’expectorations sanguines. Les symptômes suivants peuvent aussi être présents : souffle court et rapide, battements du cœur plus rapides, bleuissement (cyanose) et/ou emphysème sous-cutané. Le pneumothorax peut être décelé en auscultant des deux cotés de la poitrine. Les bruits respiratoires pulmonaires seront faibles ou inaudibles dans la région touchée par un pneumothorax.

Emphysème médiastinal :
Les symptômes de l’emphysème médiastinal peuvent inclure un inconfort ou une douleur au niveau du sternum, la dyspnée et l’évanouissement. Ces deux derniers symptômes sont causés par les gaz emprisonnés qui exercent une pression sur les poumons, le cœur et les gros vaisseaux, nuisant ainsi à la respiration et/ou à la circulation sanguine. Il peut également y avoir un bleuissement (cyanose) de la peau, des lèvres et des ongles.

Emphysème sous-cutané :
L’emphysème sous-cutané peut ne pas être remarqué par la victime, sauf dans les cas extrêmes, bien que le plongeur puisse ressentir une sensation de gonflement autour du cou et avoir de la difficulté à avaler. Le timbre de la voix peut changer et un observateur peut remarquer une enflure ou tuméfaction au cou. Au toucher, la peau près des clavicules produit des crépitements (cric crac croc).