Enseignement et recherche
Hôtel-Dieu de Lévis

Tiré de la revue Activité, juin 2000

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Pavillon Antoine-Gauvreau

Un département dynamique

 

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Dr Arthur Pires
La rédaction de la revue Activité a rencontré le chef du Département de psychiatrie de l’Hôtel-Dieu de Lévis, le docteur Arthur Pires, psychiatre et professeur agrégé de clinique psychiatrique à la Faculté de médecine de l’Université Laval. Chef du Département depuis 11 ans, il nous raconte sa fierté d’appartenir à un groupe de médecins et de professionnels dynamiques engagés auprès des usagers et ce, tant au plan des activités cliniques qu’en regard des activités d’enseignement et de recherche. La carrière du docteur Pires est riche en enseignement et expériences diversifiées en psychiatrie, en milieu universitaire et même au plan international. Sa feuille de route est éloquente de son désir constant de pousser plus loin les connaissances et d’en susciter le partage dans le but de progresser sans cesse dans le traitement des maladies pour le mieux-être des usagers. Son engagement l’a d’ailleurs amené à occuper le poste prestigieux de président du jury d’examens de la spécialité de psychiatrie du Collège royal des médecins et des chirurgiens du Canada.

Lorsqu’il parle du Département de psychiatrie de l’Hôtel-Dieu de Lévis, il s’empresse de souligner qu’il s’agit d’un milieu très riche qui reçoit des résidents en psychiatrie depuis plus de 25 ans. Sans hésitation, il rappelle qu’il s’agit d’un des plus importants départements de psychiatrie du réseau de la santé et des services sociaux de la grande région de Québec. Le Département de psychiatrie joue le rôle de troisième pôle (celui du sud) avec le pôle est constitué du Centre hospitalier Robert-Giffard, de la clinique Roy-Rousseau et de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus et le pôle ouest constitué du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ). L’Hôtel-Dieu de Lévis a contribué à la formation de plusieurs psychiatres prestigieux. Le docteur Pires est particulièrement fier des services spécialisés offerts par le Département, soit la psychiatrie adulte, la pédopsychiatrie, la psychogériatrie et la liaison psychiatrique. À titre d’exemples de services spécialisés, le Dr Pires mentionne le Centre d’évaluation et de traitement intensif (CÉTI), le Service ambulatoire de psychiatrie adulte (SAPA), l’Unité de thérapie comportementale et cognitive (UTCC), l’Unité d’intervention brève en santé mentale (UIB), le module d’intervention – 1er épisode psychotique évaluatif et le module de neuro-psychopharmacologie et de thérapie de groupe. Un projet de création d’une unité de psychanalyse est actuellement à l’étude. Bientôt, un hôpital de jour en santé mentale viendra se greffer à ces services spécialisés et adaptés à la condition de chacun des usagers. Une particularité du Département de psychiatrie réside dans le fait que toutes les hospitalisations pour les 0-17 ans de la région Chaudière-Appalaches s’effectuent à l’Hôtel-Dieu de Lévis. Le Centre hospitalier possède donc une équipe régionale de pédopsychiatrie et s’efforce de desservir la région malgré une insuffisance reconnue de ses effectifs médicaux. Le Service de pédopsychiatrie compte actuellement cinq membres alors qu’on devrait en retrouver 15 selon le ratio accepté de un pédopsychiatre par 25 000 de population. Les efforts déployés pour corriger cette situation demeurent une priorité permanente des autorités du Centre hospitalier.

Un centre majeur d’enseignement dans le réseau de l’Université Laval

Les 18 psychiatres du Département possèdent tous un grade académique. Plusieurs d’entre eux sont membres de comités universitaires. Parmi eux, on retrouve deux professeurs agrégés, les docteurs Arthur Pires et Charles Lajeunesse, et deux professeurs de clinique, les docteurs Luc Nicole et Michel Brochu. Plusieurs membres de l’équipe réalisent des activités d’enseignement. L’équipe de médecins et de professionnels du Département de psychiatrie est dynamique, motivée et travaille en multidisciplinarité et en partenariat avec les établissements et les organismes impliqués dans le traitement des maladies psychiatriques. Le bassin de desserte du Centre hospitalier offre une grande diversité de pathologies, ce qui représente un facteur facilitant la réalisation d’activités d’enseignement et de recherche.

Département de psychiatrie

  1995-1996    1999-2000 Variation
Hospitalisations 743 1 042 40,2 %
Nombre de lits 60 56 - 6,6 %
Durée moyenne
de séjour
25,3 jours  18,0 jours - 28,9 %

 


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Dr Roberto Tosti
Le docteur Roberto Tosti, psychiatre, est responsable de l’enseignement au Département de psychiatrie de l’Hôtel-Dieu de Lévis depuis deux ans. Il est membre également du Comité de programme de résidence du Département de psychiatrie de la Faculté de médecine de l’Université Laval. Il est détenteur de son permis d’exercice en spécialité depuis quatre ans, ce qui fait de lui un jeune spécialiste engagé auprès de jeunes médecins en formation. La formation spécialisée en psychiatrie qu’on nomme résidence est d’une durée de cinq ans.

Le Département de psychiatrie de l’Hôtel-Dieu de Lévis détient une accréditation universitaire pour six médecins résidents. Il bénéficie d’un des plus importants agréments parmi les établissements membres du réseau de l’Université Laval en psychiatrie avec 48 mois de stage reconnus. Il accueille également chaque année environ 12 résidents en médecine familiale. Le docteur Tosti est très fier de la qualité de l’enseignement et de l’exposition clinique qu’offre le Centre hospitalier aux futurs psychiatres qui choisissent l’Hôtel-Dieu de Lévis comme établissement de formation. Il souligne les nombreux témoignages des médecins résidents à l’effet que le Centre hospitalier possède une très bonne réputation tant au niveau de l’enseignement qu’au niveau de la qualité des stages.

Ces stages sont offerts aux médecins résidents en psychiatrie qui en sont soit à leur 3e (résident junior) 4e ou 5e (résident senior) année de formation. D’une durée de 6 à 12 mois, ces stages se veulent spécialisés et même surspécialisés à des champs de pratique spécifique à la psychiatrie. On retrouve ainsi :

  • Un stage pour médecin résident senior en pédopsychiatrie supervisé par les docteurs Marie-Josée Lord, Claude Mercier, Sylvie Michaud et Michel Wapler.
  • Un stage pour médecin résident senior en psychothérapie de groupe supervisé par les docteurs Marie-Hélène Turgeon, Michel Brochu et Roberto Tosti.
  • Un stage pour médecin résident senior en neuropsychopharmacologie supervisé par le docteur Paul Rivard.
  • Un stage pour médecin résident junior et senior dans l’évaluation et le traitement des patients atteints de schizophrénie et qui en sont à leur premier épisode, supervisé par le docteur Luc Nicole.
  • Un stage pour médecin résident senior à l’Unité d’intervention brève qui regroupe différentes clientèles hospitalisées, la plupart en situation de crise. Ce stage est supervisé par le docteur Roberto Tosti.
  • Un stage pour médecin résident en psychothérapie psychanalytique supervisé par le docteur Charles Lajeunesse.

Le Département de psychiatrie de l’Hôtel-Dieu de Lévis accueille également des médecins résidents qui complètent leur formation en médecine familiale. D’une durée de quatre semaines, ce stage vise une exposition diversifiée et pertinente à une pratique psychiatrique générale.

Enfin, le département accueille grâce aux services concernés, des stagiaires soit en psychologie, en ergothérapie, en soins infirmiers et en service social.

Toute cette masse d’étudiants, de stagiaires, de médecins résidents crée une atmosphère propice à l’enseignement et est appréciée par les différents intervenants du département de même que par l’ensemble du Centre hospitalier.

La recherche au Département de psychiatrie en plein essor

Le Département de psychiatrie dispose d’un comité multidisciplinaire qui procède à l’étude des aspects scientifiques de tous les projets de recherche qui sont susceptibles de se réaliser. Une fois que ce comité a procédé à l’analyse des aspects scientifiques, le projet est soumis pour analyse au comité d’éthique de la recherche du Centre hospitalier. Les domaines de recherche explorés à ce jour au Département ont été la psychopharmacologie, la neuropsychiatrie, la neuropsychologie et la psychiatrie communautaire et sociale. Le Département entretient des liens avec d’autres milieux de recherche comme en témoigne son affiliation au Centre de recherche Université Laval -Robert-Giffard et son affiliation avec l’École de psychologie de l’Université Laval.

Plusieurs projets de recherche sont en cours de réalisation au Centre hospitalier affilié universitaire (CHA) et de façon plus particulière au sein de son Département de psychiatrie. À titre d’exemple, le lecteur trouvera ci-après un bref résumé de trois d’entre eux qui sont sur le point de se terminer.

Le premier projet s’intitule « Évaluation et fractionnement de l’attention chez les enfants présentant un trouble d’attention - Étude développementale et comparative ». Il est placé sous la responsabilité de madame Nancie Rouleau Ph. D., neuro-psychologue au Département de psychiatrie. Les enfants étant aux prises avec des problèmes de l’attention sont très fréquents parmi la clientèle rencontrée en pédopsychiatrie. Il s’agit d’une pratique quotidienne pour les spécialistes oeuvrant dans ce secteur d’activité et l’évaluation psychométrique s’avère souvent nécessaire pour le diagnostic. Cependant, les outils actuels ne permettent pas toujours d’apporter toute la discrimination voulue parmi les cas, en particulier chez les jeunes enfants, soit ceux de 6 à 11 ans. De plus, ces outils ont souvent été développés dans le contexte américain et sont malheureusement mal adaptés à la population du Québec. Ce projet se réalise en collaboration avec d’autres chercheurs et collaborateurs de l’Université de Montréal. Il vise précisément à valider des outils permettant de mieux mesurer les différents types de problèmes d’attention et éventuellement d’apporter un meilleur support pour les diagnostics.

Le second projet de recherche a pour titre « Les variables cognitives chez les gens souffrant du Trouble obsessionnel compulsif et le trouble Panique avec agoraphobie : une étude comparative ». La personne responsable de ce second projet de recherche est Mme Josée Rhéaume Ph. D. également neuro-psychologue. Les objectifs de cette étude sont de valider des outils d’évaluation pour les distorsions cognitives associées au trouble obsessionnel compulsif (TOC) dans le but d’améliorer les traitements cognitifs pour ce trouble. Il vise également à comparer les gens souffrant de TOC et au trouble panique avec agoraphobie (TPA) au niveau de ces distorsions. Il s’agit d’une étude de cohorte par questionnaires qui feront l’objet d’une validation dans un contexte francophone puisqu’ils ont fait l’objet d’une traduction de l’anglais. Il s’agit d’une étude de cas-témoins impliquant 30 usagers TOC avec 30 autres usagers TPA.

« Suivi longitudinal des patients référés au programme spécifique d’intervention (PSI) premier épisode ». Tel est le titre de ce troisième projet de recherche mené actuellement par le Département de psychiatrie. Le docteur Luc Nicole, psychiatre agit comme responsable de ce projet de recherche au Département de psychiatrie de l’Hôtel-Dieu de Lévis. Ce projet de recherche utilise une approche méthodologique qui fait l’étude d’une cohorte longitudinale. Depuis mars 1997, 40 patients ont été évalués au moment de leur intégration au programme spécifique d’intervention (PSI). Au plan du recrutement, l’objectif est de recruter, sur une période de 36 mois, 112 patients au total. Les critères d’inclusion à l’étude sont d’être âgé de plus de 16 ans, d’être à un premier épisode psychotique de schizophrénie possible, d’être suivi par un psychiatre du Département de psychiatrie de l’Hôtel-Dieu de Lévis, d’avoir un état jugé stable par le médecin traitant et d’être référé au programme PSI. Les objectifs de l’étude consistent à identifier les caractéristiques de groupe de patients présentant un premier épisode psychotique et référé au PSI, d’observer l’évolution de la maladie pendant 3 ans chez ce même groupe d’usagers et d’étudier de façon exploratoire l’effet de certaines variables telles la présence de symptômes affectifs, l’intervention précoce sur l’évolution positive ou négative de la maladie. Dans le cadre de l’étude, les usagers seront évalués par les médecins psychiatres de l’Hôtel-Dieu de Lévis et par des professionnels pour les aspects psychiatriques, neuro-psychologiques, ergothérapies, sociaux et familiaux. Les participants seront évalués à trois reprises, soit au moment de référence, 18 mois après l’évaluation initiale et 36 mois à la suite de l’évaluation initiale. Cette étude permettra la cueillette de données bio-psychosociales par l’entremise de différents types de mesure et épreuves psychométriques. Ces mesures permettront également de mesurer la qualité de vie des usagers et de porter un regard sur le niveau d’efficacité du programme quant à la pertinence de maintenir les services. À ce titre, le docteur Luc Nicole mentionne qu’il n’existe pas d’étude de type cas-témoins en relation avec le PSI étant donné que peu de programmes sont actuellement en place au Québec, sauf exception de la Suisse où ce type d’intervention a été importé puis adapté, mais sans avoir fait l’objet d’évaluation formelle.

La recherche est une activité qui est appelée à se développer davantage au cours des prochains mois et des prochaines années. L’avenir est prometteur lorsque l’on considère la qualité des membres de l’équipe médicale et professionnelle. Le Département de psychiatrie a la volonté et une ouverture sans pareil afin d’initier de nouvelles activités d’enseignement et de recherche.


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